17.04.2010
Hommage à Thomas Owen
Cette année, Thomas Owen aurait eu 100 ans tout juste. Un bel âge pour un immortel, non ?
Le Malicieux, un soir…
L’individu était de grande taille, sûrement près de deux mètres. D’une main ferme, il tenait une canne noire surmontée d’un pommeau blanc opale et de l’autre un haut de forme décoré d’un galon rouge. Son crâne chauve et lisse brillait à la lueur des réverbères. Sur le revers de son smoking, les initiales T et O étaient brodées d’un fin liseré doré.
L’homme avait le regard aquilin teinté de fourberie. Droit comme un I, il avançait d’un pas fébrile, sur les pavés usés d’une rue bombée. De chaque côté de lui, les portes closes des maisons étaient autant de bouches sombres impénétrables, derrière lesquelles des vies palpitaient anonymes et secrètes, rythmées par le battement de ses mocassins vernis sur le trottoir gras aux relents putrides.
Il était là, le magicien de l’étrange, arpentant inlassablement un univers qui n’était pas le sien et que pourtant il ne connaissait que trop bien. Une intarissable source d’inspiration qui abreuvait son génie d’un suc tantôt savoureux, tantôt venimeux. Il aimait y plonger les méninges et le corps tout entier, pour se repaître de ces atmosphères lourdes et humides, chargées d’émotions et de mystères, gorgées d’une liqueur cruelle qu’il était seul capable de digérer.
Dans le crépuscule d’une journée d’hiver où il avait beaucoup plus, un boghei à la capote repliée passa en trombe devant lui. L’engin, tiré par un couple de chevaux parés d’un manteau flamboyant paraissait flotter dans l’air. Plus loin, un pauvre hère jouait de l’orgue barbarie, adossé à la porte d’une masure à l’abandon. Les notes de l’orgue – toujours les mêmes – fondaient dans le décor, pénétraient les pavés des trottoirs, les briques des façades, et l’air, cet air rance qui imprégnait la chair, se chargea de cette mélodie improvisée, enivrante, assommante. Sur une petite place en forme de demi-lune se dressait le chapiteau d’un cirque sans prétention. Un manège vide animait l’espace de sa ronde monotone.
Derrière un rideau de crinoline, deux yeux féminins le regardèrent passer avec inquiétude. Deux yeux clairs perdus au milieu d’un visage dont on ne voyait rien, pas même les contours. Sans doute était-elle belle et élégante, attirante comme un fruit frais. Sans doute avait-elle sa propre vie, en maîtresse de maison, près d’un mari, pour la retenir dans ce quartier lugubre. Peut-être était-elle ridée, rongée par l’humidité sournoise qui montait depuis les caves.
Le Malicieux ne tourna pas la tête, poursuivant sa marche lente vers une destination qu’il était seul à connaître. Pourquoi ne portait-il pas son haut-de-forme pou se protéger, dans cette vilaine rue, transformée en courant d’air ? Était-il vraiment humain, ou seulement démon ? L’avait-on invité quelque part, pour une cérémonie funèbre, ou bien était-il seulement de passage dans cette rue misérable ? Peut-être allait-il s’arrêter devant une porte, à tout hasard, et frapper les coups de huit heures.
Une pluie fine et glacée se mit à tomber sur le sol gras et sur son crâne satiné, brillant comme du cristal.
Alors le Malicieux chaussa son haut de forme et laissa échapper un rictus de plaisir, avant de disparaître au détour d’une ruelle, à l’entrée de laquelle pendaient les restes décharnés d’un serpent.
(c) Emmanuel Tahon, 2010
20:06 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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11.11.2008
Tournai la Page 2008
Je participerai le samedi 15 novembre prochain au salon Tournai la Page, organisé par l’ASBL Les Amis de Tournai dans la Halle aux draps (Grand Place).
Je me tiendrai au stand des Éditions Chloé des Lys à partir de 14 heures.
Vous y êtes cordialement invités !

13:41 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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05.05.2008
Dix questions
Pseudo ou nom réel ?
Nom réel. Inutile de se couper de son entourage avec un pseudo impossible à retenir.
Tu habites où ?
À la campagne. D'où le titre du Terroir...
Peut-être que le prochain s'appellera « Saveurs urbaines », mais j'ai quand même un doute...
Sucré ou salé ?
Sucré ! Avec à peine 60 kg sur la balance, je peux me le permettre.
Quel est ton job ?
A mille lieues de la littérature. Ingénieur. Le genre de bonhomme austère et exigeant (voire colérique...) qui passe ses journées à faire plein de calculs de fou...
As-tu un souhait ?
Ralentir le temps qui passe.
Pourquoi Chloé des Lys ?
Parce qu'il s'agit d'une Maison à taille humaine, proche de chez moi, avec qui le contact est aisé.
T'écris quoi ?
Sur ce coup-là, il s'agit d'un recueil de nouvelles, à tendance fantastiques pour la plupart.
Des romans plus longs, aussi. De plus en plus longs même. J'en suis à mon treizième.
Dans les genres, je touche à tout : aventure, policier, science-fiction. Le prochain (je commence en juillet) sera d'avantage à classer en littérature générale.
Qu'est-ce qui te fout en rogne ?
La maltraitance des plus faibles, commes les enfants et les animaux.
Sur le plan personnel, pas grand-chose. Je suis un éternel satisfait, sauf de moi-même.
Quels sont tes films cultes ? Tes livres cultes ?
« I comme Icare », pour le côté politique-fiction. « Les Maîtres du Temps », un film d'animation inspiré d'un roman de Stefen Wul, qui m'a éveillé aux voyages dans le temps. Je devais avoir 10 ans. « Les dents de la mer » aussi, pour le suspense.
Pour les livres : ouhla...
Tous les Clive Cussler les Thomas Owen, Genesis de John Case, Cortex d'Hector Mc Donald, et beaucoup d'autres...
Au rayon BD : XIII, Blake et Mortimer, Spirou et Alix de J. Martin.
Quel est la question la plus stupide que l'on pourrait te poser ?
Pourquoi n'es-tu pas encore marié ?
14:54 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Soirée littéraire
Lors de cette soirée, au cours de laquelle des extraits de mon dernier ouvrage « Des Nouvelles du Terroir » seront lus, nous aurons l'occasion de débattre de différents sujets, comme la place du Fantastique dans la littérature, le pourquoi du thème de la campagne, et d'autres sujets encore.
Une collation vous sera servie. La participation aux frais est de 5 € (gratuite pour les moins de 16 ans).
Vous trouverez ci-joint une reproduction de l'affiche réalisée pour l'événement.
À bientôt !

14:29 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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03.04.2008
Frank Herbert - Dune
L’un des monuments de la science-fiction !

16:37 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Thomas Owen - Pitié pour les ombres

Ce n’est un secret pour personne : j’adore Thomas Owen. D’ailleurs, ceux qui auront lu mon recueil, « Des Nouvelles du Terroir » s’en seront rendus compte. Si je peux conseiller l’un de ses recueils de contes insolites, c’est celui-ci… à condition que vous le débusquiez chez un bouquiniste. Il n’y a plus rien de disponible en librairie, hélas…
16:36 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Mes lectures récentes
Voilà, c’est reparti !
16:34 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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25.01.2007
Tournai la Page...
Le salon littéraire tournaisien a occupé la Halle aux Draps les 11 et 12 novembre 2006.
Photo souvenir, en compagnie de Thierry Delvaux, l'un de mes confrères chez Chloé des Lys

14:12 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Avec Henri Vernes...
L'occasion m'a été donnée de rencontrer Monsieur Henri Vernes, le célèbre papa du héros Bob Morane. De toute évidence, il apprécie mes propres écrits...

14:10 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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05.10.2006
Tournai la Page

09:48 Écrit par Emmanuel Tahon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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